Auteur : Clément REVERSÉ
Mots clés : pauvreté, précarité, jeunes, ruralité
Résumé : Depuis une vingtaine d’années, la pauvreté monétaire (revenu inférieur à 60 % du revenu médian) s’accentue sur le territoire national. En 2023, ce seuil est fixé à un revenu disponible de 1 102 euros par mois pour une personne seule et de 2 314 euros pour un couple avec enfants. Alors qu’en 2004, 12,6 % de Français vivaient sous le seuil de pauvreté, en 2024, ils sont 14,5 %. Et bien que cette pauvreté soit plus importante dans les grands centres-villes, c’est en second lieu dans les communes rurales dites « isolées et hors de l’influence des villes » qu’elle est la plus forte. Des enquêtes qualitatives réalisées auprès des jeunes ruraux permettent de mieux comprendre ces phénomènes de pauvreté des jeunes en milieu rural. Elles se révèlent particulièrement éclairantes sur les questions de non-recours aux aides sociales et mettent à jour une pauvreté invisibilisée et stigmatisée dans les campagnes. Chez les jeunes ruraux, on observe un phénomène de rejet pus prononcé des aides sociales que chez les urbains : être ou devenir « un assisté » devient une crainte telle qu’elle détourne souvent les jeunes d’aides auxquelles ils peuvent pourtant prétendre. Ce non-recours aggrave la précarité des jeunes dans les campagnes. Il participe à une pauvreté plus silencieuse. Les jeunes ruraux, plus souvent en situation d’emploi que les jeunes urbains sont également sujets à des phénomènes d’exploitation dans le travail de manière récurrente : travailler sans contrat, être sous-payé, voire pas rémunéré du tout, est fréquent dans les parcours de vie de jeunes ruraux, en particulier chez les plus précaires. Et dans ces processus, les jeunes femmes sont plus durement touchées que les jeunes hommes.
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