Mesurer le niveau de vie et la pauvreté des jeunes adultes de 18 à 24 ans

9 Mai 2024 | Education, formation, économie, emploi, Etudes et travaux, Modes et conditions de vie, Nouveaux Articles, Vitrine

Mesurer le niveau de vie et la pauvreté des jeunes adultes de 18 à 24 ans

Une population particulièrement confrontée à la vulnérabilité économique

 Auteurs : Benjamin Marteau, Laurie Pinel, Opale Echegu et Emmanuelle Nauze-Fichet (DREES)

Les dossiers de la DRESS, n°106, 2023

Mots clés : jeunes, niveau de vie, pauvreté, ressources financières

Résumé : La mesure du niveau de vie des jeunes adultes est un défi récurrent pour la statistique publique. Son enjeu est important : il s’agit notamment de pouvoir cerner les caractéristiques des populations juvéniles les plus vulnérables et d’éclairer ainsi l’élaboration des stratégies de lutte contre la pauvreté.

En 2014, afin de combler les manques de connaissance sur une partie de la population de jeunes adultes, la DREES et l’Insee ont conduit l’enquête nationale sur les ressources des jeunes (ENRJ). Des jeunes de 18 à 24 ans ont été interrogés, en logement ordinaire et en logement collectif, en France métropolitaine et dans les DROM, afin de décrire le plus finement possible la diversité des ressources financières et matérielles dont ils disposent.

Il ressort de ce travail d’enquête et d’analyses que les 18-24 ans sont, en 2014, la population la plus touchée par la pauvreté monétaire, avec un taux qui s’élève à 25 % pour la France métropolitaine et à 26 % pour la France entière, et il est probable que ce résultat soit très largement structurel. Les jeunes disposant d’un logement autonome sont davantage confrontés à la pauvreté monétaire que ceux résidant chez leurs parents, ne bénéficiant plus des économies d’échelle liées à la mutualisation des dépenses avec leurs parents. Le taux de pauvreté monétaire grimpe à 40 % pour ceux qui sont étudiants et à 55 % pour ceux qui sont sortis d’études et sans emploi au moment de l’enquête. Malgré un niveau de vie plus élevé, les jeunes cohabitants peuvent cependant rester au domicile parental faute de ne pouvoir franchir le seuil de dépenses lié à la décohabitation.

L’analyse conjointe de la pauvreté en conditions de vie confirme les vulnérabilités particulièrement importantes des jeunes sortis d’études et sans emploi. Quelle que soit la dimension de la pauvreté considérée, ces jeunes sont systématiquement confrontés à des difficultés plus importantes que ceux en cours d’études ou occupant un emploi. Pauvreté monétaire et en conditions de vie se rejoignent, par ailleurs, pour pointer de plus grandes difficultés pour les jeunes décohabitants.

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